BIENVENUE EN TALISSIE

10 juil. 2011

Nostalgia

 

A l'aube receuillez ma cire fondue, et là, lisez de quoi pleurer, de quoi être fier.

Comment, donnant la dernière portion de joie, mourir dans la légèreté

et à l'abri d'un toit de fortune... s'allumer posthume, comme la parole ?

 

" Quel aïeul parle en moi ?

Je ne peux vivre en même temps dans ma tête et dans mon corps. Voilà pourquoi je ne peux être une seule personne. Je suis capable de me sentir un infinité de choses à la fois. Il n'y a plus de grands Maîtres. Le chemin de notre coeur est couvert d'ombre.

Il faut écouter les voix qui semblent inutiles. Dans les cerveaux encombrés par les canalisations des égouts,  par les murs, par l'asphalte, par les paperasses administratives, il faut faire entrer le bourdonnement des insectes. Il faut emplir nos yeux et nos oreilles de choses qui soient le début d'un grand rêve. Quelqu'un doit crier ''nous bâtirons des pyramides",  peu importe si nous les bâtissons ou pas.

Il faut nourrir le désir et étirer notre âme dans tous les sens comme un linceul infini. Que le monde aille de l'avant. Il faut mêler ceux que l'Institution prétend être normaux avec les prétendus malades. Oui, vous, sains d'esprits, que signifie votre normalité en face du salut ? Tous les yeux de l'humanité sont tournés vers l'abîme. La liberté ne nous sert à rien si vous n'avez pas le courage de nous regarder en face ; de manger, de boire, de dormir avec nous. Les soi-disant ''normaux"" ont mené le monde au bord de la catastrophe.

Homme, écoute ! En toi, eau, feu et cendre. les os dans la cendre. les os et la cendre.

Où suis-je quand je ne suis pas dans la réalité ? Ni dans mon imagination ? Un fait nouveau... qu'il y ait du soleil la nuit et qu'il neige au mois d'août. Les grandes choses finissent, ce sont les petites qui durent. La société doit s'unir à nouveau. Pas aussi morcelée. Quand on observe la nature, on comprend que la vie est simple. Il faut retourner aux fondements essentiels de la vie, sans salir l'eau. Dans quel monde vivons-nous, si un fou doit vous dire que vous devriez avoir honte !

Oh mère... Oh mère... L'air est cette chose légère qui flotte autour de la tête et devient plus clair quand on rit.


 

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13 avr. 2011

 

ASTRIDE
Si je fouillais dans ta table de chevet je crois que j’aurais peur de ce que je pourrais y trouver.

ODILON
Mon chez moi est vide. Je n'ai pas de personnalité. 

ASTRIDE regarde par la fenêtre.

ASTRIDE
Il fait beau aujourd’hui, tu ne veux pas en profiter ?

MARCEL (80 ans) entre, fou de rage.

MARCEL
Il est où ?? Ouvre-moi ce journal et on verra qui a raison.  - MARCEL lance un journal à ODILON -Lis moi des noms. Au hasard ! N’importe lesquels.

ODILON
(feuillette le journal)
Alors. Equipe de France. Equipe de France.

ASTRIDE
(arrachant le journal)
Calme les choses stp.

ODILON
(gardant quelques pages & lisant)
Equipe de France : Alain Bernard. Camille Lacourt. Sébastien Rouault. Yannick Agnel. Fabien Gilot. Yves Duboscq. Aurore Mongel. Camille Muffat. Ophélie-Cyrielle Etienne ! Ce n’est pas vraiment l’état civil d’un bataillon nord africain.

MARCEL
Ce n’est pas l’Equipe de France. Tu mens.

ODILON
Si ! Equipe de France. Natation. Champions d’Europe. C’est écrit là...

MARCEL
Tu sais très bien de quelle équipe de France je veux parler.

ODILON
Je vais te tuer. Deux balles en pleine tête.

ASTRIDE
Ne parle pas comme ça à ton grand-père !

MARCEL
Et enlève ta casquette quand tu t’adresses à moi je te prie.

ODILON
J’ai pas de cheveux moi. J’ai une casquette ! Tu comprends? 

MARCEL
Il me semble qu’on sait quand on garde son chapeau ou quand on l’enlève.Quand tu dois le faire et que tu ne le fais, tu provoques la personne qui est en face de toi.

ODILON
Quel est le rapport? Si j’enlève ma casquette personne ne va me reconnaître.

MARCEL
Il n’y a pas d’existence dans ta casquette, tu en as conscience ? Elle n’a pas d’âme tu sais... Si je te la prends...

MARCEL essaie de lui enlever. ODILON lui repousse violemment la main. 

ODILON
Dégage ! Si tu me touches encore une fois, je te casse tout dans ton salon.

MARCEL
Espèce de petit....

ODILON
Viens et je te jure, je le ferai.

MARCEL
Pourquoi ? Ton honneur ? Tu crées un futur qui ressemble à quoi ?

ODILON
Un futur ? C’est quand ? Hier ? Je m’en rappelle plus. 

 

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25 janv. 2011

Peur des monstres, des requins ; peur des voyages, peur de se retrouver en altitude, peur des foules, peur des araignées, peur de l'eau, peur des avions, peur des espaces confinés, peur des chiens, peur de présenter une anomalie morphologique, peur de vomir, peur des insectes, peur de rougir, peur du sang, peur de l'eau, peur de contamination, peur des affections, peur d'offenser autrui par une mauvaise conduite, peur de mourir, peur de la mort, peur des chats, peur de la douleur, peur des abeilles, des insectes qui possèdent un dard. Peur de la faiblesse, peur de manquer de force, peur de la solitude, peur de s'évanouir, de sauter par la fenètre... peur des aiguilles, peur du tonnerre, peur de se retrouver nu, peur des femmes, peur des champignons, peur du feu. Peur de la mer. Peur de l'eau ou de la noyade, peur de l'obscurité. Peur des sons. Peur des vers & peur de rester célibataire. Peur d'être constipé. Peur du sable & peur des éclairs & peur de se suicider. Peur d'être sale ou de sentir mauvais. Peur des tempêtes et des orages et peur des clowns & des nuages. Peur de l'alcool. Peur du lait. Peur des mots jugés trop longs, peur des forêts. Peur du ridicule, des fourmis, des serpents, des paons & peur des oiseaux. Peur du vendredi 13 & peur des fantômes. Peur des poupées. Peur de se gratter en public. Peur de tout, peur des idées, des manques, des affections prédatrices & des sentiments.

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10 janv. 2011

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30 déc. 2010

Le ciel noir, les étoiles qui dessinent des navigateurs sans constellation, Des micas semés dans le ciel voyageant. Le nerf clair d’un vaisseau qui aboie sur son maître. Des éclairs innés, des stylos miraculeux.

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25 déc. 2010

Maintenant que l’oubli menace, un viol hante
Le monde extérieur compte les voies solistes
Où les étoiles naissent en pleuvant sur la plante
Des cimes dépravées, la galaxie autiste.

La rue est pleine. Des dents en ciment s’émaillent.
La sable a jauni au niveau du centre lent
Et s’envole vers la périphérie qui doute
Revoir un jour sans vent et sans neige au mois d’Aout.

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09 oct. 2010

On ne peut pas se mettre ensemble et signer un contrat qui stipulerait qu'on ne se fera pas souffrir?

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02 juil. 2010

Il existe en France encore aujourd’hui des croyances occultes que des familles pratiquent aux marges des cités... Un chamanisme hétéroclite et bizarre dont la teneur est floue  mais tient grosso modo d’une synthèse obscure de traditions diverses et mélangées.

expl :

On croit qu’un corps ne meurt jamais tout à fait.

On imagine un dialogue éternel qui s’entretient avec l’au-delà…

On croit que les ancêtres envoient des signaux qui ne trompent pas.

On croit qu’il existe une forme énergique insoluble et composée d’ondes immatérielles qui volent et flottent ici et là pendant mille ans, à mi-hauteur, en souriant…

On croit ceci… on croit cela ; blablabla… on peut croire tout.

 

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30 juin 2010

Elle avait pour elle la force, la volonté, l'assurance et la détermination, mais elle ignorait qu'il ne s'agissait là que d'une seule et unique variation déclinant les divers aspects d'un trait de caractère commun, même chez ceux qui disposent en eux de toute l'étendue spectrale et des multiples facettes qu'engendre ce défaut. Quand elle se voulait tendre, c'était par carnation. Elle estimait les hommes mais ne parlait qu'au sien à qui elle préférait l'humanité entière par vocation.   

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29 juin 2010

BRANDT...

-"Il faut qu’on se revoie
Tu sais depuis Mardi j’ai beaucoup pensé à toi
Je suis joignable au 06 06 06 06 ,
Et le soir chez moi."

-"J’ai passé une nuit délicieuse
Même si j’ai un peu la migraine
Tu es belle quand t’es odieuse
Je te dis à dans une semaine."

-"Je rêve de ton corps,
Je rêve de ta bouche
Je te veux près de moi
Je veux que tu me touches.
Je rêve de ta peau et de tes mains
Je ne pense qu’à toi
Je bosse plus je fous rien."

-"Mon amour tu dormais si bien que j’ai pas osé te réveiller.
J’travaille jusqu'à 7h20, si tu veux après on peut s’appeler.
J’sais pas ce que tu fais ce soir, moi j’ai rien de prévu
Si t'as du travail j’te dis à plus tard et j’embrasse ton cul."

-"Je suis à toi
Je te veux, je pense à nous.
Tu es mon homme, tu es mon idéal
Je te désire tout le temps, partout
Tu es mon grand projet
Je te suivrai n’ importe où."

-"Parce que je t’aime
Parce que tu m’rends heureux
Parce que des fleurs dans une cuisine c’est joli.
J’t’embrasse encore, encore
Ouais, là aussi."

-"Mon amour demain matin rejoins-moi à l’aéroport
Orly, terminal 2 neuf heure et demi,
Ne pose pas de questions, prends juste ton passeport
Je t’aime, je t’aime, bonne nuit."

-"Chérie, y’a des trucs à manger dans le frigo
J’vais rentrer tard sans doute après le dernier métro
Tu vas pouvoir enfin te faire une soirée tranquille..."
"Je T" apostrophe, (et là, y’a un cœur dessiné au stylo bille.)

-"Je suis enceinte"...

"Mon amour ta mère a téléphoné tout à l'heure,
Je crois qu’elle n’a pas encore osé prévenir ta sœur
Ton père a refait une attaque cette nuit
Je t’aime, appelle-moi, je pense à toi, je pense à lui."

-"Hier soir j’ai oublié de te parler d’un truc important.
Est-ce que tu peux m’appeler dès que tu te réveilles à n’importe quel moment ? (Ouvrez la parenthèse) : important mais pas grave, (fermez la parenthèse).
Je t’embrasse."

-"Mon amour, ne m’attends pas ce soir
J’ai pas mal de boulot et je risque de rentrer tard...
Je crois qu’il doit rester une demi pizza quelque part
Mais vérifie la date sur la boite.

-"N’oublie pas qu’on dîne chez ma sœur
Si tu peux t’occuper du vin tu serais un cœur
Car je risque d’être ric- rac"
(Un peu plus loin)... "j’te redonne l’adresse et les codes
59 boulevard Menilmontant code AB 1981"

-"La voisine a laissé un mot sur le pallier...
Le chat a gueulé toute la nuit dans l’escalier
S’il te plait en sortant tu descendras la poubelle
Et pense à rappeler ta mère qui me harcèle"

-"Le mec du câble passe entre 7h15 et 9h15
Tache d’être réveillée"
(En plus gros, d'une langue différente, un truc qui n’a aucun rapport, style numéro de passeport.)

-"A payer, Edf, Orange, abonnement Canal
Plus le cadeau commun pour mon frère le weekend prochain
J’trouve plus le chéquier c’est toi qui l’as non ?
Si oui mets-le en évidence dans le salon ."

-"La réunion est à 19h30 précise à l’école (le "précise" est souligné).
F . a encore appelé, il m'a parlé d’un chalet
je n'ai pas compris, enfin ...tu dois mieux savoir que moi !
A plus. (Le plus est une croix.)

-"Cassez 3 œufs
Ajoutez un demi-litre de lait, incorporez 100gramme de farine progressivement
Ajoutez d’un seul coup 50 grammes de matière grasse
Tu mets moitié beurre moitié margarine et tu mélanges."

-"Code réservation : qwxxcj
Mot de passe : Casablanca
Départ Orly 9h47, retour le 23 a 7h15
Arrivée Paris 11h03 Charles De Gaulle terminal 3."

-"Une baguette, crevettes, 3 avocats, sopalin
Tampons normaux, produit vaisselle
Lait demi écrémé bio, 6 oeufs bio
Sacs poubelle 50 litres."

- (D’une écriture différente du papier à entête)
"Effexor 75 mg lp 1 gélule 3 fois par jour
Alprazolam 0,50 mg et 6 prises par jour maximum"
(Suivi d' une signature informe suivie d’un caducé)

-"J’te rappelle que tu as un fils qui va à l’école tous les matins
Et qui aimerait bien prendre le petit déjeuner avec son père de temps en temps,
Salut."

-"La visite est à 16h y a encore plein de trucs à toi dans le bureau du fond
Tu veux sans doute les récupérer
Appelle-moi, mon nouveau numéro : 06 62 73 49 63 ."

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04 juin 2010

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08 mai 2010

quelqu'un... c probable. Quelqu'un va... quelqu'un viendrait. Je fixe ses yeux irradiants. Je écoute la voix basse, la scansion, la  formule indiscutable qui ne se commente pas. J'écoute. Je fixe la capuche d'ombre et d'air liquide qui retombe avant les sourcils en masquant son crane informe et gras. Je vois la bouche et ses lèvres rouges, les dents blanches qui sourient en exhortant...

"toi!, et toi :

prends tes dix vitamines car ton monde est psycho,

tu jalouses une insigne et sigle un interdit,

tu suspectes un linceul de baver derrière toi..."   

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30 avr. 2010

je connus des astres tard, je cherchais qui et d'où, si un jour... si elle... j'avais atteint deux ou trois jours avant, j'avais atteint, un dérèglement latent concernant l'adultère et l'opprobre, déterminant quoi ? Regulate... un pirate ultra sombre, une vision primale, une fleur quelque part... un réseau agencé ancestral, une primaire, un roseau... un radar etc.    

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09 avr. 2010

DO THE RIGHT THING

Spike Lee, 1989.
53mn43sec...

Mister Senor Love Daddy : "We love roll call, y'all. Boogie Down Productions, Rob Base, Dana Dane, Marley Marl, Olatun Ji, Chuck D, Ray Charles, EPMD, EU, Alberta Hunter, Run DMC, Stetsasonic, Sugar Bear, John Coltrane, Big Daddy Kane, Salt 'n' Pepa, Luther Vandross, MacCoy Tyner, Biz Markie, New Edition, Otis Redding, Anita Baker, Thelonius Monk, Marcus Miller, Branford Marsalis, James Brown, Wayne Shorter, Tracy Chapman, Miles Davis, Force MDs, Oliver Nelson, Fred Wesley, Marceo, Janet Jackson, Louis Armstrong, Duke Ellington, Jimmy Jam, Terry Louis, George Clinton, Count Basie, Mtume, Stevie Wonder, Bobby McFerrin, Dexter Gordon, Sam Cooke, Parliament-Funkadelic, Al Jarreau, Teddy Pendergrass, Joe Williams, Wynton Marsalis, Phyllis Hyman, Sade, sarah Vaughn, Roland, Kirk, Keith Sweat, Kool Moe Dee, Prince, Ella Fitzgerald, Diana Reeves, Aretha Franklin, Bob Marley, Bessie Smith, Withney Houston, Dionne Warwick, Steel Pulse, Little Richard, Mahalia Jackson, Jackie Wilson, Cannonball and Nat Adderly, Quincy Jones, Marvin Gay, Charles Mingus and Mary Lou Williams." 

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01 avr. 2010

Rue Marcadet

Il y a dans ma rue une boutique un peu bizarre, pleine de vieux objets étranges qu'il est impossible en vérité de considérer comme inutiles, car les faits sont là : on fait la queue sur le trottoir pour ramper sous le store qui ne se relève jamais, entrer dans le gourbis obscur et noir où l'on se bat (on m'a battu moi) pour avoir tout, où l'on s'arrache des mains absolument n'importe quoi. Je ne vous dis ça qu'aujourd'hui parce que c'est hier finalement que j'ai réussi à tenir les huit jours d'attente que la file impose pour accéder au magasin. Jusqu'ici chaque fois, après cinq ou six jours à zigzaguer dans les rues attenantes et marcher derrière ceux qui nous précèdent et qui veulent comme nous (et peut être plus encore) franchir le seuil enchanté, je flanchais toujours en arrivant sur la bouche du métro Barbès (sachant qu'il faudrait deux jours encore pour longer le boulevard en le montant jusqu'au croisement d'avec la rue Marcadet). Mais avant avant hier, j'ai tenu! résisté! lutté... quand le doute émergeait ("franchement est-ce que je ne serai pas mieux devant un bon dvd à la maison?") je détruisais directement la moindre accroche qu'il avait jusque là trouvé en moi. ("Non... tais toi" je me disais. "pas de dvd. pas de maison! c'est non! non! lutte! résiste! Avance... continue. prouve toi cela, à toi. respecte toi. aime-toi! offre-toi cela. trouve la force de rester dans la file et fais la queue! allez petit garçon. allez...") je scrutais les enseignes sur le trottoir en face : "taxi phone", "kebab", je lisais, relisiais les lettres et les invertissais pour m'encourager : "phonbab", "takexi..." j'en étais à la millième combinaison quand j'ai vu le virage abrupt jaillir dans l'horizon. j'ai distingué le panneau qu'on avait cloué dans le mur de la rue qui coupait le boulevard à la perpendiculaire: "Mar... ça y est !" La journée qui passa fut la plus difficile de loin. des heures... des années, des siècles et des civilisations passèrent ou comme si. J'irradiai du cerveau. Fier... si fier. C'est vrai quand j'ai tourné réellement dans la rue, quand j'ai vu le store, quand... j'étais ému. je repensais à ma mère, mon père... mes enfants. Ils sont morts sans doute depuis que je suis dans cette queue mais pas pour rien. je pense à eux et c'est pour eux, pour leur hommage que je ramperai sous le store au petit matin. j'aurais le souvenir du sapiens bien cloué à mon coeur, je le loue. c'est la dernière nuit d'attente avant d'entrer au magasin, les étoiles, la lune et les arcs en ciel, mars... le trottoir s'illumine, la pluie donne à l'asphalte une origine antique où des rayons rebondissent illuminés. Le store... la position horizontale bien maintenue, apprise et répétée depuis quelques heures passées à scruter ceux qui me devancèrent en pénétrant la boutique adorée. c'est à moi... j'y suis. J'entre... j'entre... je me relève : dieu! Un bout de fer bleu pend sur une étagère @ ma gauche et je sais déjà qu'il est à moi. "Lâche ça fils de pute." bon... à ma droite alors : un pommeau de douche péruvien!! cette fois je sais qu'il faut être fort, agile, déterminé, compétent, convaincant, sûr de soi, intelligent : je vois le pommeau, bam, me rue dessus et l'enfouis dans ma chemise. "lâche ça..." non! "le pommeau!" je me répète dans ma tête et serre mes deux bras contre lui "le pommeau est à moi!" Je cours... j'esquive... je profite de mon élan pour attraper un vieux paquet vide d'hollywood chwimgum qui est exactement, exactement ce qu'il me fallait... Je cours... Je fonds le capharnaum en quête d'un vieil écran aple et descends les escaliers en colimaçon. Une jolie blonde à poil et à rousseur (sur la peau entière! exactement, exactement ce que j'adore: des tâches de rousseur partout, sur les seins, les côtes et les aisselles... exactement...) je l'embrasse et le pelote et la prends sous le bras et l'emmène et rit et rampe et jouit et ressort... cours chez moi, entasse tout ça dans un  coin pleure... de joie...  et encore ! je cours rejoindre la file et j'attends. La bouche de Barbès ne sera qu'une formalité à passer cette fois. un jeu d'enfant.       

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30 mars 2010

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29 mars 2010

Une lettre... quel mytho quand même... j'ai entendu... bien. j'ai tout juste assez l'énergie pour ramper sur le sol en comptant les lattes et m'anvancer jusqu'à l'MP3 que j'arrache au socle blanc qui l'a chargé.

vas-y tricote et tais toi ! See U.

Tu vois le truc c'est ça : c'est que tu  n'acceptes pas de te fragiliser, pour t'arracher. Tu traverses seulement si  tu vois tout l'autre côté. Tu sais quoi faire, quand mentir, qui promettre à rien donner. Tu ne te suis jamais. tu crains. Te préserve... Combien de fois as-tu accepté de mourir? Est-ce que tu l'as fait ne serait-ce qu'une seule fois? Tu comprends... il faut savoir sacrifier des pans complets du monde et l'amputer. Le manger. Qui repoussera verra. Lis les interviews de Kazan ou de Tarantino là dessus. Il  n'y a rien de lyrique à vivre. expérimenter. Que dit ton rapport à la séduction? à la sexualité? Au supermarché... Il y a une fille qui travaille à beaubourg (elle range les livres dans les rayons. L'autre jour elle était en littérature américaine. et puis je l'ai retrouvée en philo quand je suis venu lire des extraits de l'enracinement), elle porte un pantalon noir et large mais qui donne des formes et des contours néanmoins, des bottes marrons, un tee shirt orange ouvert en décolleté) qui parle avec un accent estique mais dont les cheveux noirs qui tombent jusq'aux épaules quand elle est de dos nous la ferait vouloir d'où qu'elle soit. On la voit. elle se dit : "g just envie d'une relation discrète. envie de sexe." If U wanna come, come...

et encore, tout ça c'est rien... c'est juste, tu sais... tu ne m'as pas aidé du tout. je fais encore des rêves terribles. Tu es devant moi (tu viens de me faire un doigt d'honneur) et tu me hurles dessus : "je ne t'aiderai pas. fils de pute de fille de pute de fille de pute de... etc." Ne crois en rien qui ne soit fait pour te faire souffrir et que tu ne sublimes à la grâce d'une idée.

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21 mars 2010

New York, Dimanche 21 Mars 2010... 9h35. The New York Times, late edition... en petit, la météo : " Today, times of clouds and sun, still warm". En gros : la Photo d'Obama en première page, le doigt pointé, la bouche ouverte... "We will go through the gate. If the gate is closed, we will go over the fence. If the fence is too high, we will pole vault in. If that doesn't work, we will parachute in. But we are going to get health care reform passed." Dans la journée le congrès votera la réforme.
On va se promener en longeant la mer jusqu'à Chelsea / Prendre le métro L et passer l'après midi sur Bedford Avenue. Attendre et lire.  Le changement, le vrai... le signifiant c'est maintenant. Retour sur Broadway & 12th street, arrêt à la libraire Strand, le vieux bâtiment, l'antique. Si tu rentres, le premier étalage où tu tombes est celui des 80 livres qui firent le siècle ce monde-ci : Hemingway, Chabon, Connegut, Murakami, Garcia Marquez, one hundred years of solitude... Des français : Montalbetti... La seule avec Toussaint à être dans l'édition 2010 des "best european fiction".

Barnes & Nobles, industrie du livre, librairie à 4 étages sur Union Square... A l'entrée, les nouveautés. Dans les nouveautés : Mathias Malzieu, La Mécanique du Coeur... traduction : The Boy with the Cucckoo-clock Heart.

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12 mars 2010

C EST NON

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07 mars 2010

Living liar, you fool the dumb
Dying trigger, pulled by the frame down...

   

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